• Sur le bout de la langue

    Parfois, il y a des bribes de phrases qui vous traversent l'esprit sans que vous arriviez à les saisir... Ca vous rappelle vaguement quelque chose, vous l'aviez pourtant sur le bout de la langue mais ... non ça vous échappe encore. Vous vous embourbez alors dans une mare confuse où surnagent les bons jours quelques mots fuyants et les autres juste une sorte de lointaine mélodie éraillée impossible à dévidée.

    Donc, un de ces fameux jours, je me mis à scander avec emphase et conviction des mots échappés dont ne sait quel recoin poussiéreux, espérant qu'ainsi le reste coulerait de source : «
    Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux... Un soir, j'ai assis la Réalité... Non, la Beauté... Et elle m'a craché dessus... Arffff... Je sais plus mais en tout cas la rencontre se passe mal, il ne conclut pas... Reprenons : "Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. Et elle m'a injurié ?... »

    Totalement obnubilée par ces mots, je m'oubliais à les marmonner sur mon lieu de travail où S. me dit : « Mais voyons Shoupi c'est Rencontres de Grand corps malade. » En réalité, elle m'appela par mon nom de baptême beaucoup plus glamour, mais bon je ne voulais pas vous déstabilisez mes chers lecteurs, je ne sais que trop qu'un rien vous perturbe. S. en tout cas éclaira ma quête de manière surprenante montrant ainsi que rien n'est plus tortueux que le chemin des résonances.

    Je continuais donc de déclamer ces phrases bancales en espérant que par magie les pieds manquants seraient retrouvés. Le temps passa, rien ne vint. Mes ânonnements de plus en plus désespérés finirent par attirer l'attention de J., expert en bourrique, qui me montra la sortie de ce labyrinthe littéreux en déroulant le fil de son érudition boosté par
    la Toile.

    Voici ces mots fuyants :
    «  Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
    Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée.
    Je me suis armé contre la justice.
    Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
    Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce. »

    « Illuminations » dans Une saison en enfer de Paul Rimbaud


    Et voici en écho des extraits de Rencontre de Grands Corps Malade (le fichier est trop gros) :

    C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
    Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
    Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
    Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie
    Evidemment j'étais pas tout seul, j'avais envie d'faire connaissance
    Y'avait un tas d'personnes et personne marchait dans l'même sens
    Alors j'continuais tout droit mais un doute s'est installé
    Je savais pas c'que j'foutais là, encore moins où j'devais aller
    Mais en ch'min au fil du temps j'ai fait des sacrées rencontres
    Des trucs impressionants, faut absolument qu'j'vous raconte
    Ces personnages que j'ai croisé c'est pas vraiment des êtres humains
    Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main [...]




    J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
    Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux
    J'lui ai dit j't'ai d'jà croisée et franchement tu vaux pas l'coup
    On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou
    Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
    J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
    J'lui ai d'mandé tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois qu'j'suis accroc
    Elle m'a dit t'inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop

    Un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour
    J'lui ai dit tient tu tombes bien, j'veux t'parler d'puis toujours
    Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits c'est un peu nul
    Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu'tu r'travaille ta formule
    L'amour m'a dit écoute petit ça fait des siècles que j'fais mon taff
    Alors tu m'parles sur un autre ton si tu veux pas t'manger des baffes
    Moi j'veux bien être gentille mais faut qu'chacun y mette du sien
    Les humains n'font aucun effort et moi j'suis pas un magicien
    On s'est embrouillé un p'tit moment et c'est là qu'j'me suis rendu compte
    Que l'amour était sympa mais que quand même il s'la raconte
    Puis il m'a dit qu'il d'vait partir, il avait des rendez-vous par centaine
    Que ce soir il d'vait diner chez sa d'mi-soeur : la haine [...]

    C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours

    Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
    Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
    Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.


  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Octobre 2006 à 16:41
    sur le bout
    de la langue, bon si tu insistes :)
    2
    Lundi 23 Octobre 2006 à 16:48
    Bjr Elisa
    pourquoi tes pensées perdues se logent où ? :-)
    3
    Lundi 23 Octobre 2006 à 17:33
    ben
    euh! C'est à dire que, voilà quoi :o) ah!oui j'ai fait moi aussi un questionnaire tu viens y répondre (pub elisa)
    4
    Lundi 23 Octobre 2006 à 17:35
    oui j'arrive
    un questionnaire chouette ça faisait longtemps lol
    5
    Lundi 23 Octobre 2006 à 17:58
    ciao shoups!
    ça me fait de l'entrainement ton texte! :-)
    6
    Lundi 23 Octobre 2006 à 18:09
    Un peu long
    certes, avec la musique cela aurait été plus digeste. :-)Bisosu
    7
    Lundi 23 Octobre 2006 à 18:29
    Arfff, ce que
    ça peut être agaçant d'avoir un mot sur le bout de la langue et de ne pas retrouver lequel... grrrr... heureusement Internet est là pour nous sauver la mise, et les amis aussi :)) Bises
    8
    CC
    Lundi 23 Octobre 2006 à 19:25
    J'ai
    sur le bout de la langue...ton petit coeur qui tangue...C'est qui déjà ? ;)
    9
    Lundi 23 Octobre 2006 à 21:50
    oui Flo
    heureusement qu'ils sont là les amis pour nous sauver la mise :-)
    10
    Lundi 23 Octobre 2006 à 21:51
    Merci CC pour la référence
    à Bazbaz je ne connaissais pas, j'ai lu les paroles et là j'attends patiemment de pouvoir écouter le morceau :-) Bisosu
    11
    CC
    Lundi 23 Octobre 2006 à 21:57
    j'espère
    que tu aimeras...Une mélodie qui reste dans la tête...ou sur le bout de la langue!
    12
    Lundi 23 Octobre 2006 à 22:43
    coucou
    shoupi, je reviens difficilement mais je reviens, mais j'ai comme une force surnaturelle qui me tire le dos.....lol!!!! je suis vraiment dans une période overbouquette avec des ti prob de santé en plus...mais me revoilà tout doucettement...donc à très vite ....
    13
    Mardi 24 Octobre 2006 à 07:05
    CC
    j'adore cette chanson. Merci de me l'avoir faite découvrir. :-)
    14
    Mardi 24 Octobre 2006 à 07:06
    Miss Lili
    espérons que ce n'est rien de grave, repose-toi une peu entre deux coups de fouet de Surbookette Bisosu
    15
    Mardi 24 Octobre 2006 à 08:30
    Il y a ces mots
    ou ces phrases qui se logent sur le bout de ma langue [et comme c'est agaçant] et puis il y a ces idées ou ces pensées qui m'arrivent en rafales, deviennent tout à coup fuyantes et se cachent je ne sais où... Les hormones crois-tu ? Rire. Bises non fuyantes ;) Bonne journée
    16
    Mardi 24 Octobre 2006 à 19:51
    de la zik t'en veux
    Tiens voilà une adresse pour toi ma schnoopinette http://perso.orange.fr/impolitis/zik/Sur Le Bout De La Langue.mp3 plus qu'à copier. Bizzz aime pé tresse, JB
    17
    Mercredi 25 Octobre 2006 à 14:55
    N.e.w.
    Je ne sais pas les hormones sans doute jouent leur rôle mais je soupçonne les ondes et les conjonctions planétaires d'ajouter leur grain de sel. :-) Bisosu
    18
    Mercredi 25 Octobre 2006 à 14:58
    merci JB
    il ya une manière de remercier particulière -un mot magique par exemple- par chez toi. Je suis sûre qu'il en une. Espérons que je ne devrais pas planter un arbre sur mon balcon pour te remercier. lol Bisosu
    19
    Dimanche 29 Octobre 2006 à 23:23
    OTH
    Dans la série, je te conseille d'aller écouter "Quand on n’a que la haine", chanson d'OTH, groupe mythique de la scène punk-rock française des années 80. Ca commence comme ça : Aussi loin que je me souvienne A l'aube de ma création J'ai appelé à moi la Beauté Je l'ai assise sur mes genoux Et je lui ai dit : "Ca n'est pas pour aujourd'hui, Rendez-vous 33 ans plus tard Si le diable le permet" Etc...
    20
    Mercredi 29 Novembre 2006 à 17:58
    j'ai rencontrée la poésie
    génial t'est la preum's que j'rencontre que j'rencontre a osée et osons a publier une chanson poétique street de grand corp malade bravo whaiii vive le slam !!! bye bye ton voisin du dessou
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