• Tu aurais dû t'appeler Hélène


    Tard, un soir, dans un doux frou frou crissé, la dévoreuse est revenue sur la pointe de ses pieds voltigeurs comme si de rien n'était.

    Ses yeux voilés de désirs insatisfaits irisaient cette prêtresse des mots légère et hautaine, si spirituelle, si irréelle.

    Un filet de sang ourlait ses lèvres gourmandes jamais rassasiées ; pourtant...

    Son jupon de tulle maculé, l'enveloppait dans une brume blafarde, où se fondait ses hanches vaporeuses et ses genoux éloquents, là aérienne sur ce sol où les autres se traînent ; ses pieds sautillants gelaient la moindre brindille réjouie.

    A combien de danses effrénées devras-tu te livrer pour exorciser ces démons qui t'assaillent ? Combien de vies encore te faudra-t-il leur livrer pour les repaître et étancher leur suppôt qui t'habite et qui dévore tout, tout... jusqu'à toi ?

    Tu aurais dû t'appeler Hélène... La belle Hélène létale...


    J'ai payé mon tribut : une livre de chair palpitante et frissonnante... 

    Je n'ai plus rien à donner à celle qui ne m'a rien demandé mais qui a pris et détruit.


    Alors laisse-moi le peu de ce qui est resté sans le polluer...
    Laisse-moi jouir de mes pauvres fragments...


    J'aimerais avoir plus que ça...
    Mais il y a des choses qui ne se demandent pas, m'a-t-on dit un jour...


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